Le 08 avril 2026 s’est tenu, au Mémorial Norbert KENNE à Yaoundé, un atelier de formation sur la décentralisation réunissant les membres des syndicats affiliés à la FESER et à la FECASE, organisation syndicale de l’Education affiliées à l’Internationale de l’Education, pour le renforcement de la Campagne Go Public, Fund Education. L’atelier  a débuté 09h 00 par le mot de bienvenue du Secrétaire Général de la FESER et les propos du SG de la Fecase sur les objectifs de l’atelier.

Dans son propos introductif, le SG du FESER a sacrifié aux civilités d’usage avant d’appeler les uns et les autres à faire preuve de sérieux et d’attention pour la suite des travaux.

Le SG de la FECASE quant à lui, a axé son propos sur la justification et le contexte du présent atelier. Pour lui, l’organisation du présent atelier se justifie par la nécessité, dans laquelle se trouvent les syndicats de l’éducation du Cameroun, de maîtriser et d’explorer à bon escient la loi sur la décentralisation, afin d’y trouver des éléments leur permettant de nouer un dialogue constructif avec les Collectivités Territoriales décentralisées (CTD). D’après lui, cet atelier vise aussi  permettre aux syndicalistes d’avoir une meilleure connaissance de la logique syndicale, afin d’éviter l’anarchie et l’amateurisme de certains syndicats qui ne croient exister que dans l’élément de la grève.

Le décor ainsi planté a laissé la place à Monsieur TSOUNKEU, expert en décentralisation pour son exposé sur le thème  « Partenariat effectif entre les professionnels de l’éducation et les autorités des CTD : comment utiliser le levier de la décentralisation pour une meilleure éducation au Cameroun ? ».  Monsieur TSOUNKEU a pris comme point d’appui la loi sur la décentralisation, dans l’optique de montrer comment les syndicats peuvent en tirer profit. Son exposé a été structuré autour de quatre points :

  • Les opportunités offertes par la loi sur la décentralisation

Ici l’exploitation de la loi sur la décentralisation a permis à cet expert de montrer que :

  • La décentralisation s’accompagne du transfert aux CTD, des compétences et des ressources dignes d’intérêt pour les syndicats des enseignants (Titre 2 de la loi sur la décentralisation) ;
  • La loi sur la décentralisation offre aux syndicats des enseignants la possibilité de solliciter et de nouer avec les CTD des partenariats fructueux (article 40 et titre 7) ;
  • Cette loi qui consacre le principe de la solidarité inter régionale, permet de créer des plateformes communautaires dans le cadre desquelles les problèmes communs aux régions peuvent être traités (article 99).
  • Le principe du partenariat effectif à la lumière de la déclaration de Busan sur l’effectivité du développement.

Initialement prévus pour assurer une gestion efficace de l’aide public au développement (APD), les principes de la déclaration de Busan peuvent être appliqués à la coopération entre les CTD et les syndicats de la manière suivante :

  • Le principe d’appropriation : il consiste à prendre en compte les priorités des bénéficiaires ;
  • Une base de gestion axée sur les résultats ;
  • Le principe d’inclusivité qui veut que tous les acteurs soient pris en compte ;
  • Le principe de transparence et de redevabilité selon lequel les différents acteurs doivent se rendre compte mutuellement.
  • La création de nouvelles opportunités en accord avec la loi

Cette dernière tient en quatre actions :

  • Identifier les lignes de résistance à briser ;
  • Identifier les opportunités offertes par la décentralisation ;
  • Développer des solutions propres
  • Mener des plaidoyers communs avec les CTD.
  • Des approches de collaboration basées sur le principe communautaire

Ces approches consistent à créer avec les CTD des plateformes communautaires de travail et de collaboration dont les principes sont la solidarité, la redevabilité, la vision partagée, la responsabilité, l’humilité et la vigilance, et dont les outils se ramènent à la mise sur pied d’un cadre de suivi et de redevabilité.

Le second exposé a été présenté par la camarade  BIKOKO Agnès Béatrice sur le thème  : « Mieux comprendre la campagne GO Public de l’Internationale de l’Education».

Après être revenu sur l’historique, les motivations et la finalité de la campagne GO Public, elle a surtout insisté sur les stratégies mises en place par la FECASE pour mener à bien cette campagne au Cameroun, à savoir la sensibilisation et la campagne médiatique. Elle a saisi cette occasion pour appeler les autres syndicats à emboîter le pas à la FECASE en mobilisant les outils modernes de communication de masses afin de faire avancer la cause de l’enseignant et de l’école publique au Cameroun.

Ayant pour thème : « Syndicat et grève au Cameroun », le dernier exposé a été déroulé par le Dr ALIMA NTOLO, Enseignante à l’Université de Yaoundé II. Après avoir défini la grève et présenté le cadre juridique qui la régit au Cameroun, à savoir la Loi No 92/007 du 04 août 1992, le Décret No 2000/359 du 05 décembre 2000 et la Loi No 88/002, La Facilitatrice s’est appesantie sur la démarche procédurale devant aboutir à la grève proprement dite. Il s’agit d’un ensemble de disposition à prendre lorsque l’on veut entrer en grève. Il s’agit précisément, dans l’ordre suivant :

  • D’engager le dialogue ;
  • De présenter le chapelet de ses doléances ;
  • De tenter la conciliation ;
  • De lancer un préavis de grève ;
  • D’assurer la continuité du service public.

Ce n’est qu’après avoir suivi ces étapes que l’on peut entrer en grève. Dans la conduite de celle-ci, il importe aussi de prendre les précautions suivantes :

  • S’assurer de la légalité du syndicat à l’origine du mot d’ordre de grève ainsi que des actions à mener ; s’assurer aussi d’avoir épuisé les voies de recours et d’avoir qualifié le mouvement en question.
  • Analyser le contexte de la grève (le climat socio-politique, le calendrier scolaire…) ;

L’intervenante a insisté sur les conséquences liées au non-respect des procédures sus-évoquées, à savoir :   le blâme, la mise à pied, la révocation pour abandon de poste et les poursuites judiciaires pour trouble à l’ordre public.

Dans le troisième moment de son exposé, le Dr ALIMA NTOLO a fait un bref historique des grèves menées par les syndicats au Cameroun, pour identifier les grèves qui ont été couronnées de succès et celles qui ne l’ont pas été.

Pour finir, elle a fait deux recommandations majeures, à savoir :

  • Eviter de banaliser la grève dont le menace doit souvent être mobilisée comme moyen de pression ;
  • Privilégier la grève administrative, c’est-à-dire règlementaire, à la grève sauvage ou spontanée.

L’atelier de formation s’est refermé avec le mot de clôture du SG de la FESER qui a exhorté les uns et les autres à s’approprier les connaissances acquises dans l’optique des luttes futures.

 Par  Antoine Serge BELL

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