
Thème : « Aux côtés du personnel enseignant : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs »
Chers camarades, chers collègues, enseignantes et enseignants du pré-scolaire, du primaire, du secondaire et du supérieur, Chers parents d’élèves et partenaires de l’éducation, Autorités administratives et académiques,
À l’occasion de la Journée Mondiale des Enseignants édition 2026, le Syndicat National Autonome de l’Education et de la Formation (SNAEF), fier membre de la Fédération camerounaise des Syndicats de l’Education (FECASE), s’adresse à vous avec la ferme conviction que l’école camerounaise reste le levier incontournable de notre émergence nationale.
Cette édition est particulière : elle marque le 60e anniversaire de la Recommandation de l’OIT/UNESCO de 1966, qui reste la boussole internationale de la dignité enseignante. Le thème de cette année, « Aux côtés du personnel enseignant : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs », résonne comme un appel historique et un rappel à l’ordre pour nos autorités. Il nous invite à faire le bilan, mais surtout à exiger des actions concrètes.
En tant que SNAEF, nous déclinons ce thème autour de trois articulations fondamentales :
- PROTÉGER LA PROFESSION : Mettre fin à la précarisation et restaurer la dignité
Protéger la profession, c’est d’abord lui reconnaître son caractère noble et stratégique. Depuis des décennies au Cameroun, la profession enseignante est fragilisée par la politique de contractualisation qui a instauré un enseignant de seconde zone, précarisé et privé de ses droits fondamentaux. Protéger la profession, c’est exiger l’intégration effective et totale de ces contractuels dans les cadres organiques de la Fonction. C’est aussi mettre un terme définitif aux tracasseries administratives, aux mutations punitives et aux sanctions arbitraires qui frappent les syndicalistes engagés. La protection passe également par la sécurité dans nos établissements : nous ne pouvons plus enseigner dans la peur face à la montée de la violence et du banditisme en milieu scolaire. L’État doit garantir des environnements d’apprentissage sûrs pour tous.
- PROMOUVOIR LA CONDITION ENSEIGNANTE : Passer des promesses aux réalisations
On ne peut exiger l’excellence de la part de celui qu’on maintient dans la survie. Promouvoir la condition enseignante, c’est reconnaître que le salaire de l’enseignant camerounais a été rogné par l’inflation, rendant vaine la célèbre promesse de nous rendre « les plus nantis de la Fonction Publique ». C’est exiger une revalorisation substantielle de nos grilles salariales et le paiement intégral et sans délai des arriérés de toutes natures (prime de qualification, allocations familiales complètes, arriérés de rappels). Promouvoir notre condition, c’est aussi refuser la situation indécente de nos retraités qui meurent sur les listes d’attente de liquidation des pensions à la CNPS. L’enseignant doit vivre décemment de son travail, aujourd’hui et demain.
- FAÇONNER NOS FUTURS : Donner à l’enseignant les outils du 21e siècle
Façonner l’avenir du Cameroun de demain nécessite des architectes bien outillés. Or, comment bâtir l’avenir avec des Tableaux Ardoises défectueux, sans laboratoires, sans bibliothèques et sans connectivité numérique dans nos établissements publics ? Façonner nos futurs exige une remise à plat des curricula pour les adapter aux défis du 21e siècle (numérique, intelligence artificielle, transition écologique). Cela exige également un investissement massif de l’État pour atteindre au moins les 6 % du PIB recommandés par l’UNESCO pour l’éducation. L’enseignant ne peut façonner l’avenir s’il est contraint de travailler dans des infrastructures délabrées et avec des outils du siècle dernier.
LES EXIGENCES DES ENSEIGNANTS CAMEROUNAIS
Au vu de ce qui précède, le SNAEF, fort du mandat des enseignants camerounais, réitère avec force les exigences suivantes auprès du Gouvernement :
- Sur le statut et l’intégration : L’intégration immédiate et sans condition de tous les enseignants contractuels de l’État dans les cadres organiques de la Fonction Publique de l’État.
- Sur la rémunération : La revalorisation immédiate du pouvoir d’achat des enseignants par une hausse salariale conséquente et le paiement intégral de tous les arriérés de salaires et de primes.
- Sur la retraite : Le règlement accéléré des dossiers de retraite des enseignants à la CNPS, avec l’application rétroactive du nouveau code des pensions qui leur est défavorable.
- Sur l’environnement de travail : L’organisation du Forum National de l’Education, la dotation massive des établissements scolaires publics en équipements pédagogiques modernes, en manuels scolaires et en infrastructures décentes (toilettes, points d’eau, salles de classe sécurisées).
- Sur la gouvernance : La fin de la gestion par le chantage et le mépris, et l’instauration d’un véritable dialogue social franc, transparent et permanent entre le Gouvernement et les organisations syndicales représentatives, dont la Fédération camerounaise des Syndicats de l’Education.
Chers collègues, chers camarades,
Le 60e anniversaire de la protection de la profession enseignante ne doit pas être une célébration de façade. Ce doit être le point de bascule vers la reconquête de nos droits. Le SNAEF restera, comme toujours, en première ligne, aux côtés de la Fédération, pour veiller au grain et faire plier l’inertie administrative par la mobilisation citoyenne et syndicale.
À nous, enseignants, de rester debout, fiers et unis. L’éducation camerounaise mérite mieux que des promesses ; elle mérite des actes.
Bonne Journée Mondiale des Enseignants 2026 !
Pour le Bureau National du SNAEF
Le Secrétaire Général
