Pour éviter de tenir les politiques sociales du Cameroun en marge des normes et exigences internationales, un atelier vient d’être organisé sous la houlette du Bureau International du Travail les 29 et 30 avril 2025 à Yaoundé.

Pendant deux jours, les représentants des travailleurs regroupés au sein du Cameroun Workers Forum (CAWOF) ont entrepris de solliciter le Bureau International du Travail sis à Yaoundé dans l’organisation d’un atelier de travail dont l’objet était la mise à jour et la validation des propositions des syndicats sur la sécurité sociale.

Le Syndicat National Autonome de l’Education et de la Formation a été convié à ces travaux. Les deux jours de travaux ont été meublés par la revue systématique des projets de loi élaborés à partir des précédentes réflexions y relatives qui datent de 2009. Les textes de loi portent aussi bien sur le cadre général de la Sécurité sociale que sur les cadres spécifiques à certains corps de métier. En substance, le projet en amont est d ‘élaborer une sécurité sociale inclusive, non discriminatoire et surtout correctrice des insuffisances constatées dans la politique de gestion de la condition des travailleurs indépendants, retraités, ou viscéralement ébranlés par la conjoncture difficile. Pour faire face à cet enjeu et relever honorablement ce défi, trois Caisses ont été proposées : la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) dans laquelle seront logés les fonds des Travailleurs du Secteur Privé. La Caisse Nationale des Personnels de l’Etat (CNPE) dans laquelle seront domiciliés les fonds cotisés par les personnels employés par la fonction publique et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM).

Elaborés selon les modèles de gouvernance que promeuvent l’Organisation Internationale du Travail, la CIPRES et les autres organismes des Nations Unies, les textes présentés bousculent les vieilles pratiques et les vieilles habitudes en libérant les institutions des travailleurs des recettes surannées de l’autoritarisme et du centralisme bureaucratique. Dans ce sens, les Conseils d’administration, les services financiers et la Direction sont organisés suivant une approche qui limite les immixtions du Gouvernement et privilégie le libre choix et la pleine expression des cotisants (les Travailleurs). A titre d’illustration, le Directeur Général doit être issu du vote des membres du Conseil d’Administration qui, lui-même est organisé selon la forme paritaire : sept représentants des Travailleurs et sept représentants des employeurs. L’objectif prioritaire est de permettre à l’institution de rester en congruence avec l’objet social initial. L’expérience de telles structures ne montre-t-elle pas en effet qu’elles ont souvent été détournées de leurs missions initiales pour être orientées vers des finalités antisociales ou extrasociales.

Le Secrétaire Général se félicite des deux jours de travaux et demande à ses camarades d’observer l’évolution de ce dossier avec une attention particulière. L’étape de la validation finale est prévue le 06 mai 2025 lors des travaux de la Commission Nationale Consultative du Travail présidée par le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale (MINTSS), instance incontournable dans la stratification procédurale.

Le S.G.   Chamberlin OWONA AMOUGUI

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