Chaque année, le 8 mars, la célébration de la Journée internationale des droits des femmes offre l’occasion de sensibiliser la communauté nationale et internationale aux dangers de la disparité et de la discrimination entre les sexes. Chaque édition de cette journée est placée sous un thème qui donne l’opportunité de sensibiliser et de faire le plaidoyer sur un des problèmes précis que vivent les femmes et qui n’est pas souvent perçu comme tel par l’ensemble de la communauté. Cette démarche permet ainsi de promouvoir le soutien mondial aux femmes.
La célébration de cette journée varie d’un pays à l’autre. Dans certains, il s’agit d’une journée de protestation, tandis que dans d’autres, c’est un moyen de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes. Dans certains pays encore, la Journée internationale des droits des femmes est un jour férié pour bien marquer l’importance que l’on accorde à la question des droits des femmes.
Depuis 1996, comme nous l’avons dit plus haut, chaque Journée internationale des droits des femmes a un thème officiel. Le premier thème adopté par les Nations unies en 1996 était : « Célébrer le passé, planifier l’avenir ». Ce thème initial, à bien y regarder, s’infiltre encore, à travers sa deuxième partie dans les thèmes des années suivantes. Cette année, l’ONU a choisi le thème « Investir dans les femmes : accélérer le progrès », en mettant l’accent sur la lutte contre l’exclusion économique dont sont victimes les femmes ; c’est donc en d’autres termes une autre façon de continuer à « planifier l’avenir ». Au Cameroun, l’internalisation du thème a donné « Investir en faveur des femmes, accélérer le rythme ».
Dans le cadre des activités marquant cette commémoration, le Syndicat National Autonome de l’Education et de la Formation (SNAEF), le SNAEEPCAM tous deux membres de la FECASE, ont passé en revue le thème national pour mieux le cerner afin que sa résonance ne nous installe dans une illusion ou un espoir démesuré.
Les questions suivantes ont orienté le traitement de la thématique : quel est le contexte qui a conduit au choix de ce thème ? Quel est l’objectif poursuivi à travers cette thématique ? Les préoccupations réelles de toutes les femmes ont-elles été prises en compte ? En d’autres termes, les femmes ont-elles été consultées au préalable ? Quelles formes d’investissement, sur quel volet (éducation, culture, formation, entrepreneuriat, santé, …) en faveur des femmes ?
La femme en général et la femme camerounaise en particulier rencontre beaucoup d’obstacles dans la recherche de son épanouissement : le chômage, l’accès aux soins de santé, l’accès à une éducation de qualité, les violences basées sur le genre, l’insécurité, la modicité des moyens financiers pour investir dans quelque domaine économique que ce soit.
Les formes d’investissement effectuées en faveur des femmes au Cameroun démontrent à suffisance qu’il ne s’agit jusque-là que des formalités. En effet, l’investissement essentiel et déterminant, capable de donner aux femmes la possibilité d’acquérir d’autres droits est bien l’éducation de qualité. Or, en la matière, le Cameroun offre plutôt une éducation dont la qualité laisse largement à désirer. Une telle éducation continue à véhiculer dans les représentations les préjugés qui entretiennent le statu quo défavorable aux femmes. Cette éducation dégradée n’est pas susceptible de leur donner des compétences d’affirmation de soi, de créativité et de gestion d’un projet, pas plus qu’aux hommes d’ailleurs. Des investissements dans le contexte actuel d’impréparation théorique et idéologique vont nécessairement se solder par des échecs, ce qui est d’ailleurs le cas. Le gouvernement a fait l’inventaire des investissements réalisés jusque-là en faveur des femmes, sans impact perceptible. La raison ? Pour nous, c’est que les bénéficiaires des divers investissements n’ont pas reçu une éducation de qualité qui devait leur permettre de mettre harmonieusement en œuvre les projets. Or, de tels échecs dans ce contexte contribuent plutôt à pétrifier le préjugé qui veut que les femmes soient inaptes à la gestion des projets économiques.
Faire des investissements sans former, c’est mettre la charrue avant les bœufs. Il faut donc renverser la démarche, commencer par mettre sur pied un système éducatif de qualité, et procéder ensuite aux investissements. C’est cette démarche qui va accélérer le progrès des femmes.
La soirée s’est achevée par une foire gastronomique offrant les mets des dix régions que compte notre pays.
