La célébration de la XXIIe édition de la journée mondiale des enseignants est pour nous l’occasion de nous investir dans un exercice de décryptage de l’enseignement, de ses architectes que sont les enseignants, des performances actuelles de l’école et surtout de déterminer la direction à suivre au regard des engagements nationaux et internationaux.
Placée cette année sous le thème « Redéfinir l’enseignement en tant que profession collaborative », sujet de réflexion proposé par l’UNESCO, l’édition de cette année met au cœur du débat les enseignants et l’enseignement. A l’inverse des modèles éculés directivistes, autoritaristes et centralistes, elle met l’emphase sur la co-construction de l’école, le co-pilotage de l’éducation, c’est tout le sens de la profession collaborative soulignée dans la thématique. Le dialogue en cours au Cameroun entre le comité interministériel et les organisations représentatives des enseignants doit être cité dans ce cas comme une tentative camerounaise d’organiser l’enseignement comme profession collaborative. Seulement le dialogue n’est pas une fin en lui-même, il n’est pas davantage une mise en spectacle de quelques gesticulateurs qui veulent se donner bonne conscience. Comment collaborer lorsqu’au départ, le rapport avec l’enseignement n’est pas guidé par le souci permanent d’efficacité, de performativité et de vérité ?
De 2016 à 2025, cela fait bientôt dix ans que les enseignants représentés par les syndicats, ont soumis au Gouvernement des revendications à caractère structurel condensées dans un appel à l’évaluation du système éducatif à travers le Forum National de l’éducation sans que la parole donnée par le Gouvernement ne se concrétise par la convocation de ces importantes assises.
A cette date et après des séances de dialogue à n’en plus finir, les résultats obtenus sont de nature à soulever de vives inquiétudes sur les perspectives de l’école ; le sous-équipement dans l’enseignement technique, l’arbitrage à faire entre la culture générale et la professionnalisation des enseignements, le télescopage des sous-systèmes anglophone et francophone et les hésitations à opter pour un système intégré, la fragilisation de notre socle souverain et la vulnérabilité face aux modèles étrangers, l’invisibilité d’une armature juridique actualisée garantissant les droits des enseignants et le refus de prendre en considération la proposition enseignante d’un STATUT SPECIAL DES ENSEIGNANTS, autant de problèmes portés à l’attention du Comité Interministériel sans suite favorable.
CHERS CAMARADES,
Le Collectif des Organisations des Enseignants du Cameroun (C.OR.E.C.) est engagé résolument dans une dynamique mobilisatrice et volontariste. Cette dynamique fait de la seule volonté une force. Il s’agit de bâtir un vaste mouvement animé par des enseignants qui veulent la transformation de la profession Enseignante. Nous appelons tous les Collègues à développer les couloirs de collaboration possibles entre les enseignants de tous les ordres et de tous les secteurs. Les fêtes organisées aujourd’hui dans toutes les écoles sont pour nous l’expression d’une fraction de notre corps qui refuse la réflexion, je vous invite en faisant échos à l’appel du C.OR. E.C., à boycotter le défilé et les réjouissances festives ce 05 octobre 2025. Occupons cette journée à réfléchir sur les meilleures stratégies à mettre en oeuvre pour relancer solidairement, fraternellement et collégialement la lutte pour la défense des droits des enseignants et la promotion de l’Ecole.
Le Secrétaire Général
OWONA AMOUGUI Chamberlain
