
Le monde aujourd’hui célèbre les victoires des luttes féministes tout en nous invitant à réfléchir sur les droits, égalité et autonomisation des femmes et filles. Cette préoccupation restera d’actualité tant qu’on aura dans un coin de ce monde des filles privées d’éducation, privées de la liberté de penser et d’exprimer leur opinion sur des questions qui les engagent, Tant qu’il y aura des femmes qui perdront la vie au nom du mariage, au nom des traditions ou au nom des religions.
Oui les femmes et les filles ont des droits. Leur autonomisation leur permettra de décider quand partir et quand rester. Or ceci dépend de deux facteurs :
– Leur niveau d’éducation qui leur permettra d’analyser objectivement leur situation
– Leur pouvoir économique qui leur permettra d’assumer leur choix.
Ceci bien évidemment ne remet pas en question la sacralité du mariage et de la famille. Alors chères femmes, chères mères, chères filles aujourd’hui comme tous les jours, nous devons réfléchir sur l’orientation à donner à notre thème.
I- Table ronde sur le thème : DIGITALISATION : DROITS, EGALITE ET AUTONOMISATION DES FEMMES POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE
INTRODUCTION
Honorer les femmes et les filles du monde entier et saluer tous les résultats qu’elles ont obtenus dans la lutte pour l’égalité. Appeler à des actions qui peuvent libérer les chances, le pouvoir et l’égalité des droits pour toutes les femmes, et augurer d’un avenir où personne ne sera mis de côté. Tels sont, parmi tant d’autres, le sens et l’enjeu de la Journée Internationale de la Femme dont les origines peuvent remonter soit en 1910, en Europe, lorsque l’Internationale socialiste réunie à Copenhague, au Danemark, décide d’instaurer une Journée des femmes pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour favoriser l’obtention du suffrage universel pour les femmes ; soit en 1977 lorsque les Nations Unies officialisent la journée du 08 de cette année ; soit au tournant du XXe siècle en Amérique du Nord et en Europe, dans l’histoire des luttes ouvrières et des manifestations de femmes.
C’est en 1985 que le Cameroun décide de se joindre aux autres pays pour célébrer la Journée Internationale de la Femme. Aujourd’hui, le 08 mars, fait partie des 140 journées Internationales reconnues ou initiées par l’ONU. De 2007, Edition 22 à 2024, Edition 39, les thèmes du 08 mars ont porté sur la violence faite aux femmes et aux jeunes filles, l’égalité des droits, égalité des chances, égalité d’accès à l’éducation, à la formation, à la science et à la technologie, autonomisation des femmes rurales, autonomisation des femmes autonomisation de l’humanité, les discriminations à l’égard des femmes, inclusion financière par le numérique, pour un monde digital inclusif. Les principales finalités retenues sont : le progrès pour tous, un travail décent pour les femmes, éradiquer la faim et la pauvreté, le développement durable, le développement économique de la femme, un avenir durable… Bref, le thème de cette année au Cameroun «Pour toutes les filles et femmes : droits, égalité et autonomisation» est pratiquement du déjà entendu, mais garde l’avantage de la répétition comme mère des études (repetitio mater studiorum). Le SNAEF en fait donc un prolongement en y adjoignant deux variables tout aussi connues : digitalisation et développement durable. D’où le thème finalement retenu suivant par le SNAEF : «Digitalisation : droits, égalité et autonomisation des femmes pour un développement durable». Qu’en pense le COFEN, à la lumière de L’Ecole Nouvelle ?
- LA DIGITALISATION : SENS, ENJEUX, OPPORTUNITES ET DEFIS
Trois préoccupations sous-tendent le traitement de la digitalisation en lien avec les droits, l’égalité et l’autonomisation des femmes dans la quête d’un développement durable.
Tout d’abord, la question est de savoir comment la digitalisation ou alors le numérique peut participer à la vulgarisation et au respect des droits humains ?
Par ailleurs, dans quelle mesure la digitalisation est-elle à même de garantir l’égalité hommes-femmes, mieux de resserrer les écarts persistants entre les femmes et les hommes ?
En outre, l’autonomisation des femmes pourrait-elle être accélérée et avoir un meilleur écho dans un contexte digital ?
Ces trois pans de notre questionnement pourraient constituer des catalyseurs du développement durable.
Ceci étant, il convient de partir de la définition même de la digitalisation. Après cela, il sera opportun de présenter le sens que nous accordons à la digitalisation en rapport avec la préservation des droits humains, de la réduction des écarts et de l’autonomisation de la femme, en vue d’impacter le développement durable. Au finish, les enjeux d’une telle démarche seront mis en orbite.
Nous tenons à rappeler que notre argumentaire tient fortement du livre blanc du SNAEF, qui est en quelque sorte une boussole dans la compréhension des échanges de cet après-midi.
DIGITALISATION : SENS, ENJEUX, OPPORTUNITES
Le mot digitalisation est un anglicisme qui renvoie à l’action de digitaliser, c’est un procédé qui vise à transformer un objet, un outil, un process ou un métier en un code informatique afin de le rendre plus performant. En d’autres termes, la digitalisation désigne le processus de transformation numérique des activités économiques, sociales et culturelles. Elle implique l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour créer, stocker, traiter et échanger des informations numériques.
Cet anglicisme correspond aux mots français numérisation, transformation digitale, transition digitale, dématérialisation. L’objectif de la numérisation selon l’Ecole Nouvelle (P.107) étant de mettre l’information sous une forme chiffrée, décodable, « dans le but de la rendre disponible et accessible à tous ceux qui en ont la volonté et surtout les moyens. » Le numérique est alors une technique qui permet de stocker, de consulter un ensemble d’informations par l’entremise d’un ordinateur ou d’un téléphone portable adapté à cet effet.
Ceci dit, nous constatons de nos jours que la digitalisation est incontournable. Que ce soit en entreprise, dans les organisations ou encore dans le secteur éducatif, le numérique occupe une place de choix, car, il assure une réelle optimisation en terme de temps, d’argent et même d’énergie. Outil pédagogique au service des enseignements et des apprentissages (Ecole Nouvelle, P. 107), le numérique occupe désormais une place de choix dans la transmission des savoirs (Savoir-faire, savoir être…)
Avant de présenter les enjeux et les opportunités de la digitalisation, nous allons présenter sommairement les types de digitalisation ainsi que ses outils.
TYPES DE DIGITALISATION
- La digitalisation des ressources humaines,
- La digitalisation des données et de l’analyse
- La digitalisation des produits et services
- La digitalisation des opérations internes
OUTILS DE LA DIGITALISATION
- Les sites internet
- Les applications mobiles
- Les logiciels métiers
- Les newsletters
- Les landing pages
ENJEUX DE LA DIGITALISATION
- Economique : croissance, emploi, concurrence, amélioration de l’efficacité et de la productivité, accès à de nouvelles opportunités économiques, transformation des modèles économiques et des chaînes de valeurs, améliorer l’efficacité et la productivité. (La digitalisation a été mise en place pour rendre les entreprises plus efficaces en numérisant plusieurs branches de l’entreprise, les dépenses sont réduites et la transmission des informations est plus fluide.)
- Sociaux : accès à l’information, à l’éducation, à la santé
- Environnementaux : réduction des émissions de gaz à effet de serre, gestion des ressources
- Politiques : régulation, sécurité, souveraineté
- Ethique : vie privée, protection des données, responsabilité numérique
- Transformer et optimiser l’organisation et le développement d’une entreprise
- L’intérêt de la digitalisation est l’accès en temps réel à des données précises, l’optimisation des processus internes et la garantie de la sécurité des données.
- La numérisation ou digitalisation est un canal de développement des opportunités dans le sens où il facilite la vie en général et dans tous les secteurs d’activités. Notons par exemple que, grâce au digital,
- La notion de distance est de moins en moins prépondérante. En effet, les barrières comme les distances sont presqu’inexistantes. Il vous suffit d’un clic pour envoyer des informations à des milliers de kilomètres.
- Les contenus et les informations sont à la portée du plus grand nombre
- Des personnes peuvent collaborer à distance sur un même projet
- Les résultats en entreprise sont plus probants du fait de l’optimisation du temps de travail
- La correction plus facile des erreurs
- Création de nouveaux emplois et industries
- Amélioration de la qualité de vie
- Accès à des services et des opportunités éducatives
- Renforcement de la participation citoyenne et de la démocratie
- Développement de nouvelles formes de création et d’innovation
La digitalisation ne présente pas que des points positifs. Il convient de présenter des effets pervers qu’elle génère.
- Inégalité d’accès aux technologies numériques
- Perte d’emplois traditionnels
- Cybersécurité et protection des données
- Dépendance aux technologies numériques
- Impact sur la santé mentale et physique.
Ainsi présenté, la digitalisation ou numérisation est le cadre idoine d’appropriation de certaines valeurs à l’instar des droits, de l’égalité et de l’autonomisation des femmes. Le fait étant qu’elle permet une réelle fluidité de l’information, tout en constituant un canal d’apprentissage et de partages d’expériences. Nonobstant le fait que certains effets pervers soient relevés tels que des disparités au niveau de la fourniture en énergie électrique (notamment dans les pays pauvres et en développement), la difficulté d’accès à un outil informatique à cause de la précarité qui excluent de facto certaines couches sociales de la dynamique digitale, il n’en demeure pas moins que le numérique éducatif fait partie intégrante du processus de formation de l’homme total (Ecole Nouvelle, p. 110) en tant qu’outil permettant l’accès à l’information.
- DROITS, EGALITE ET AUTONOMISATION DES FEMMES
Le thème «droits, égalité et autonomisation des femmes» s’inscrit en droite ligne de la logique même qui avait inspiré le Secrétariat National des Droits de l’Homme et de la Promotion du Genre à mettre en place le Comité des Femmes Enseignantes de l’Ecole Nouvelle, le COFEN.
En effet, conformément à sa politique syndicale en matière des Droits de l’Homme et de la Promotion du Genre, le SNAEF avait estimé que les femmes enseignantes en particulier et les enseignants ainsi toute la communauté éducative doivent être sensibilisés pour œuvrer à l’égalité et à l’autonomisation des femmes par l’acquisition, l’exercice, la défense et la promotion des droits. Pour le SNAEF, cette étape passe par la prise de conscience que l’éducation est un préalable, voire un impératif catégorique, tant dans l’appropriation, l’exercice et la défense des Droits de l’Homme que dans la promotion de l’égalité et de l’autonomisation des femmes. Dans ce contexte qui place l’éducation comme la priorité des priorités et lui donne la primauté, le COFEN est non seulement en cohérence avec un principe au SNAEF, le didactocentrisme, c’est-à-dire l’école au centre des activités sociales, mais aussi en parfaite harmonie avec La Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée à Paris le 10 décembre 1948. Celle-ci constitue le document fondateur et une source d’inspiration pour promouvoir l’exercice universel des droits de l’homme. Elle reconnaît dans son préambule que le développement du respect des droits de l’homme, leur reconnaissance et leur application universelles et effectives passent par l’enseignement et l’éducation :
« L’Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, la reconnaissance et l’application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction».
D’entrée de jeu, le préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme réconforte ainsi le SNAEF dans sa conviction que l’école, cadre par excellence d’enseignement et d’éducation, est au centre des activités sociales, dans le cas d’espèce de l’activité d’apprentissage, d’exercice et de promotion des droits de l’homme, de l’égalité et de l’autonomisation des femmes. D’autant plus que l’enseignement et l’éducation ont le pouvoir de développer l’humanité en l’homme et que, par cette condition, celui-ci a la capacité de respecter l’ordre naturel des choses, dont «la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et leurs droits égaux et inaliénables», l’Education s’impose comme un droit premier de l’homme.
Dans cette perspective, l’éducation, droit premier de l’homme, ne se contente pas de doter la femme des capacités de reconnaître les droits de la personne, mais aussi de les appliquer et de promouvoir leur exercice universel.
Dès lors, la femme autant que le l’homme, en particulier et la société en général, sont à mesure de comprendre et de reconnaître que les hommes et les femmes, tous membres de la famille humaine, «naissent libres et égaux en dignité et en droits… et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité»[1] (article 1er de la Déclaration des droits de l’homme). C’est en cela que l’éducation non seulement est un droit premier de l’homme, mais aussi permet la promotion des droits de l’homme et du genre.
C’est dans ce sens qu’on doit orienter l’enseignement des Droits de l’Homme et du Genre, en vue de leur promotion à l’école, en particulier et dans la société en général. C’est également dans la même optique que la digitalisation dans le domaine de l’éducation, autrement appelé le numérique éducatif, perçu comme outil pédagogique, doit, à travers les Centres de Ressources Multimédia (CRM), être une réalité dans tous les établissements académiques et scolaires, donc à tous les cycles supérieurs, secondaires, primaires. Permettant à tous de se former, de s’informer, de former et de partager, le numérique éducatif, par le même fait, permet particulièrement à toutes les filles, et à terme à toutes les femmes de s’autonomiser, c’est-à-dire d’accéder par elles-mêmes à un certain nombre d’informations ou à certaines données dont elles ont besoin dans leur formation intégrale, en général, et dans l’apprentissage, l’exercice et la promotion des droits de l’homme et du genre, en particulier.
Dès lors, autant le SNAEF doit mener un plaidoyer et des revendications en faveur de l’introduction dans les programmes de l’enseignement des Droits de l’Homme et du Genre, autant il doit veiller à la capitalisation de la digitalisation dans sa dimension pédagogique.
Dans le premier cas, celui de l’introduction dans les programmes de l’enseignement des Droits de l’Homme et du Genre, le COFEN, conformément à son plan d’actions, s’est engagé, dans le cadre du Centre de Recherche du SNAEF (CENRES), à produire un ouvrage de référence, pour mieux documenter ce plaidoyer. Un Comité Scientifique a déjà été mis en place par le COFEN. Comité qui a ouvert un forum de réflexion, intitulé «FORUM OUVRAGE». Les échanges ont commencé et un plan de l’ouvrage a déjà été établi. Les comptes rendus de l’avancée des travaux seront régulièrement faits au Bureau National du SNAEF.
Dans le deuxième cas, celui de la veille à la capitalisation de la digitalisation dans sa dimension pédagogique, le COFEN se propose d’aller à court terme dans le sens de l’acquisition par toutes les enseignantes du SNAEF d’un ordinateur et d’un Smartphone. Le COFEN voudrait concrètement créer, dès ce 08 mars 2025, une cotisation spéciale «UNE ENSEIGNANTE, UN ORDINATEUR, UN SMARTPHONE».
Comment ne pas voir dans ces deux actions du COFEN la contribution du SNAEF au développement durable, tant il est vrai que celui-ci passe par la formation intégrale de tous, de toutes les filles et femmes ?
- POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE
C’est le philosophe allemand Hans Jonas qui a le premier théorisé la notion de développement durable dans le Principe de responsabilité (1979). Selon lui, il y a obligation d’existence des générations futures, qui pourrait être remise en cause par la forme qu’a prise le progrès technique à l’époque contemporaine. Le développement durable est «un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.» Citation de Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien (1987). En 1992, le Sommet de la Terre à RIO, tenu sous l’égide des Nations Unies, officialise la notion de développement durable et celle des trois piliers ou principaux axes (économie/écologie/social) : un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable. A partir de ces trois composantes ou fondements (Protection de l’environnement, le développement économique et le développement social), le but du développement durable est de préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité. De ce but, il se dégage un pilier central du développement durable : l’impact environnemental des activités humaines ; et deux principes importants : l’équité intra-générationnelle, avec la priorité à l’amélioration de la situation des plus pauvres et la participation des populations aux processus de décision.
La participation des populations aussi bien aux processus de décision qu’à la mise en œuvre de celles-ci, au suivi et à l’évaluation de la mise en œuvre n’est véritablement possible que si ces populations en sont capables, c’est-à-dire que si elles peuvent contribuer à la réalisation dudit développement tout lui apportant leurs capacités intellectuelles, physiques, spirituelles ou morales. Et c’est là encore qu’interviennent d’une part l’exigence d’une formation intégrale que leur procure l’éducation et d’autre part la nécessité de mettre la digitalisation au service d’une pédagogie relevant de l’école ayant pour but la formation intégrale de l’homme. C’est en cela que l’ONU, pour transformer notre monde, a placé, parmi les 17 objectifs qu’elle a définis à l’horizon 2030, l’éducation de qualité pour tous au cœur du développement durable. Dans l’objectif N°4 notamment, l’ONU précise :
Assurer à tous une éducation équitable, inclusive et de qualité et des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie : l’éducation est la clé qui permettra d’atteindre de nombreux autres objectifs de développement durable (ODD). Lorsque les gens peuvent bénéficier d’une éducation de qualité, ils peuvent sortir du cycle de la pauvreté.
L’éducation contribue à réduire les inégalités et à atteindre l’égalité entre les sexes. Elle permet également à des personnes du monde entier de mener une vie plus saine et plus durable. L’éducation est également essentielle pour favoriser la tolérance entre les personnes et contribue à des sociétés plus pacifiques.
Pour atteindre l’objectif 4, le financement de l’éducation doit devenir une priorité nationale en matière d’investissement. En outre les mesures telles que la gratuité et l’obligation de l’enseignement (enseignement primaire et secondaire pour tous les garçons et toutes les filles, accès universel à un enseignement supérieur de qualité, accès égal à une formation professionnelle abordable), l’augmentation du nombre d’enseignants, l’amélioration des infrastructures scolaires de base et l’adoption de la transformation numérique.
Dans la perspective d’œuvrer à l’autonomisation des femmes et à la participation de tous, hommes et femmes, au développement durable, le COFEN entend se joindre aux efforts du Secrétariat National à l’Education au Développement Durable pour sensibiliser les enseignants, les élèves, les parents et les autorités éducatives sur la question de la capitalisation de la digitalisation dans sa dimension pédagogique.
CONCLUSION
Dans la promotion des droits, de l’égalité et de l’autonomisation des femmes, comme dans le développement durable, tous doivent agir pour éradiquer la pauvreté, protéger la planète et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité. Déjà comme formatrices et pédagogues, à l’école, les enseignantes, en particulier, doivent, partout où elles se trouvent, jouer le rôle de coordinatrices sociales dans ces domaines.
En famille ou dans tous les groupes et associations où elles se trouvent impliquées, les enseignantes doivent organiser et orienter des actions en faveur du droit à la vie pour tous et du droit pour tous à une vie sociale harmonieuse. Et cela n’est possible que si, à tous les niveaux, les enseignantes veillent à ce que seule la promotion de l’humanité préside à toute activité familiale, en particulier, à toute activité sociale en général. Parlant de l’enseignant, L’ECOLE NOUVELLE affirme de la page 53 à 54 : « Sa nature et sa formation doivent lui donner des compétences nécessaires pour remplir sa mission de coordinateur social. Véritable homme orchestre, il doit veiller à ce que l’école soit partout présente, qu’elle soit à la base de toutes les activités : la politique, le commerce, l’art, etc. Il s’agit là des domaines de la vie communautaire qui doivent refléter fidèlement la destination fondamentale de toute société par rapport au cosmos et par rapport à l’humanité tout entière ».
A la suite de L’ECOLE NOUVELLE, nous reprenons dans le cadre de notre exposé qu’en tant que coordinatrices sociales, les enseignantes doivent veiller à ce que la promotion des Droits de l’Homme et du Genre, le développement durable soient partout effectives et la digitalisation au service de l’éducation aux valeurs correspondantes : à l’école, dans la famille, dans les associations, etc.
Pour y parvenir, le Comité des Femmes de l’Ecole Nouvelle a, durant cet exposé, formulé trois recommandations :
1) Produire un ouvrage de référence, pour mieux documenter le plaidoyer en faveur de l’introduction dans les programmes de l’enseignement des Droits de l’Homme et du Genre. Processus en cours ;
2) Se joindre au Secrétariat National à l’Education au Développement Durable pour sensibiliser les enseignants, les élèves, les parents et les autorités éducatives sur la question de la capitalisation de la digitalisation dans sa dimension pédagogique en vue de l’autonomisation des femmes et de la participation de tous, hommes et femmes, au développement durable.
3) Créer, dès ce 08 mars 2025, une cotisation spéciale «UNE ENSEIGNANTE, UN ORDINATEUR, UN SMART PHONE», pour permettre à toutes les enseignantes du SNAEF de s’équiper en ordinateur et téléphone portable et pour ainsi contribuer à la capitalisation de la digitalisation dans sa dimension pédagogique. La prime de documentation et de recherche peut constituer la base de mobilisation des fonds.
[1] Article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
